Pardon

 

L'Inconscient n'offre aucune échappatoire à celui qui se présente comme victime de son histoire.

 

Mon message qui me revient sous sa forme inversée, il me défie de me tenir responsable à l'endroit même où je dis : " C'est de sa faute. " ou " Ce n'est pas ce que j'ai voulu. "

 

L'erreur de bonne foi étant de toutes la plus impardonnable.

 

Il s'agit alors d'entretenir la plus stricte relation à la Vérité - qui n'est pas la récompense d'une quête patiente mais le tissu de mon étoffe.

 

Toute lâcheté à cet endroit se paie en monnaie de souffrance : symptômes incompréhensibles et aussi innombrables qu'incontournables.

 

Le manque dans l'Autre, sa faille, son inconsistance - peu importe la façon dont j'en fais l'expérience - doit être pour moi l'indice d'un possible aperçu de son insaisissable inexistence.

 

C'est au cœur de cette incise du manque dans l'Autre - qui n'est autre que la doublure du mien propre - que le pardon peut trouver à se loger.

 

Le pardon n'est pas un acte noble ou charitable. Je n'en retire aucune gloire et ne le commets pas pour le Bien supposé de l'Autre.

 

Au contraire, il est ig-noble, dé-charitable, me dépouille de ce qui me reste de narcissisme face au désir de l'Autre.

 

Acte d'amour dans ce qu'il a de plus pur, il annule les coordonnées de ce qui constituait jusqu'alors ma réalité et me libère face à l'énigme angoissante du désir de l'Autre : " Que me veut-il ? ", " Comment me veut-il ? "

 

Il n'est pas ce à quoi je parviens à force de volonté mais ce qui s'impose à moi.

 

En ce sens, il correspond parfaitement à l'impératif Kantien : " Tu peux parce que tu dois. "

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