Comment reconnait-on un sophiste ?

Comment reconnait-on un sophiste ? A ses sophismes. L'une des attaques les plus communes au sujet du Freudisme - qui n'est pas la psychanalyse - repose entièrement sur le sophisme suivant :

 

- Freud a des vices

- Freud a inventé la psychanalyse

- La psychanalyse est vicieuse

 

Il s'appuie sur le précepte nietzschéen voulant que l'oeuvre d'un philosophe soit jugée à l'aune de la personne de ce même philosophe.

 

Passons sans trop de commentaires sur le simple fait que S. Freud n'est pas un philosophe (ce qui, en son temps, lui avait déjà valu des critiques de la parle de C. G. Jung), mais dans un souci de simplicité, voire de simplissime, cette attaque a la prétention de "replacer Freud dans son temps", soit comme un philosophe.

 

Voici une autre belle pirouette (de sophiste), qui permet d’économiser bien des détours - qui sont pourtant nécessaires pour qui veut se coltiner la lecture de S. Freud.

 

Pour en revenir au précepte nietzschéen, pourquoi ne pas l'appliquer à Nietzsche lui-même : peut-on alors juger l'oeuvre de Nietzsche à l'aune de la personne de Nietzsche lui-même ? Lui qui a forgé la notion de Surhomme, qui voulait se débarrasser de la pitié ou de la compassion ... s'est jeté , rempli de compassion et de faiblesse toute humaine, au cou d'un cheval en 1888 à Turin pour le défendre du fouet de son maître, ce qui lui a valu un internement en asile.

 

Peut-on balayer d'un revers de manche les écritures de Nietzsche au sujet des relations entre les hommes et les femmes parce qu'il n'a lui même, pour ainsi dire, jamais connu de véritable histoire d'amour ?

 

Peut-on remettre en cause les pages magnifiques du penseur allemand sur la danse par exemple, pour la simple raison qu'il était dans un état d’immobilité ?

 

Voila pourquoi les critiques sophistiques ne parlent en réalité jamais de psychanalyse, mais du freudisme, dont elles renforcent la légende en construisant une psycho-biographie de S. Freud (voire même une patho-biographie) pour mieux pouvoir le descendre (c'est ce que le sophiste appelle "déboulonner les idoles" sans se rendre compte que pour ce faire il aura fallu resserrer ces mêmes boulons au préalable).

 

En toute logique, ces attaques ne peut vent pas être considérées comme anti-psychanalytiques, ni même anti-freudiennes (car des freudiens, le sophiste ne connait rien non plus), mais tout simplement d'anti-Freud.

 

Nietzsche lui-même ne disait-il pas que celui qui vit du combat d'un ennemi a tout intérêt à ce que celui-ci reste en vie ? Le sophiste - comme toute personne qui ne comprend rien à son temps - est dépassé par son époque, use de ses armes sans même sans rendre compte, puisqu'il combat S. Freud (et non pas la psychanalyse) comme les anti-racistes combattent le racisme : s'il atteignait, un jour, son but il s'effondrerait du même coup ; puisqu'il n'aurait plus de "raison d’être"(un anti est toujours un nanti).

 

Dans ce cadre précis, nous pouvons considérer que le sophiste est l’esclave négatif du Freudisme, qui a été fondé notamment par Anna Freud (fille de Sigmund) elle-même en cachant par exemple toute une partie des correspondances de son père : pensait-elle alors la psychanalyse si faible pour s'imaginer que l'oeuvre de son père dépendait de la personne de celui-ci ?

 

C'est certainement une des raisons qui ont poussé Mélanie Klein à dire d'Anna qu'elle n’était pas freudienne.

 

Oui, elle n’était pas freudienne mais était l'une des premières freudistes.

 

L'erreur monumentale du sophiste est donc de prendre des vessies pour des lanternes, soit de prendre le Freudisme pour la psychanalyse.

 

 

 

 

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