REDUCTIO AD HITLERUM

Au-delà d'une profonde ignorance de ce qu'est la pulsion de mort, l'Association Psychanalytique de Singapour partage sans vergogne l'idée farfelue que Sigmund Freud avait la même conception de l'existence qu'un certain Adolf Hitler.


Lorsque Freud apprit que les nazis brûlaient ses livres, il eut cette petite phrase :


« Au Moyen-âge, nous brûlions les gens. Aujourd'hui, nous brûlons les livres : quel progrès ! »


Dans son livre-testament « Moïse et le Monothéisme », Sigmund Freud dépouille Moïse, le Père du Judaïsme, de sa judéité même, ce faisant, il sape toute possibilité à l’antisémitisme de s’attaquer aux juifs comme il s’attaquerait à une identité juive pure, positive ... en lui subtilisant le terrain même, les racines, d’où pourrait se développer une attaque (l’identité juive).


Sigmund Freud écrit ce livre à la fin de sa vie, au moment où il doit léguer son héritage théorique, période qui correspond avec la montée du fascisme en Europe.


Son message pourrait aujourd’hui être lu ainsi : « La psychanalyse n’est pas une science juive et d’ailleurs le Père du Judaïsme n’était pas juif lui-même : il n’y a pas d’identité juive. »


Le message de Freud a pour effet de renvoyer l’antisémitisme dos-à-dos avec son vide constitutif plutôt que de nourrir son symptôme en se défendant, par exemple, comme juif.