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  • Rudy Goubet Bodart
  • Sep 26, 2017

La Cité connait en sa périphérie un lieu et un temps où l'ordre des mots n'est plus régi par ses lois.

Une invitation sous forme d'une lettre que l'on s'envoie comme pour apprendre à lire son implacable logique qui maîtrise le désordre de notre existence.

Les Maîtres-Mots de notre vie ne nous y étranglent pas, mais y sont par la gorge déployés.

S'entendre dire de quoi nous sommes faits a cette étrange faculté de nous libérer.

Un lien social inédit et inouï tissé par une fraternité indéfectible et discrète qui place en son cœur la vérité insue du désir.

Un temps, un lieu où le dit secourt puisque le dire secoue.

  • Rudy Goubet Bodart
  • Sep 16, 2017

A la suite de Jacques Lacan nous pouvons relire Etienne de la Boétie et parler de la servitude volontaire en terme de positionnement dans tel ou tel type de discours.

Le discours courant et hégémonique n'est fondé sur aucun impossible, voilà pourquoi il ne préfigure aucun lien social.

Il nous fait croire que nous nous servons nous-même à travers lui alors que nous ne faisons que concourir à sa perpétuation.

Nous nous sentons quotidiennement libres au sein du strict paradigme qu'il nous offre, c'est-à-dire à mesure au nous servons le Marché.

Nous nous sentons alors libres précisément à l'endroit où nous sommes les plus cerfs. Rien de plus ingénieux n'a jamais été inventé.

La plus grande des servitudes est celle qui consiste à nous imaginer totalement désaliénés.

A l'inverse, c'est lorsque que nous abandonnons ce que nous imaginons comme étant notre liberté pour nous mettre au service d'une cause, c'est-à-dire d'un discours structuré autour d'un impossible, que nous sommes paradoxalement libres.

En étant au service de ce type de discours, nous sommes donc forcés d'être libres en énonçant : " Je sers ce discours. " préfigurant un type de lien social. C'est donc en assumant ma servitude, mon aliénation que j'exerce ma liberté.

Le Maître devient superflu au moment où l'Esclave consent à le servir.

C'est comme lorsque je suis amoureux. L'amour est cette force qui me contraint, qui me tient et servir l'autre ne se fait alors jamais aux dépends de ma liberté mais en est la manifestation même.

  • Rudy Goubet Bodart
  • Aug 25, 2017


L'angoisse est le seul affect qui ne trompe pas parce qu'elle n'est pas constituée de l'étoffe signifiante mais en est la déchirure.


L'instant angoissant est cette insupportable proximité avec la Chose sans qu'aucun semblant ne puisse venir à mon secours en faisant médiation, diversion.


Sigmund Freud en parle en terme d'inquiétante étrangeté (unheimlichkeit), qui est la soudaine révélation du noyau étranger tapi au cœur de ce qui m'est le plus familier :


mon quotidien - moins inhabituable qu'inhabitant, moins inhabituel qu'inhabité.


Elle me dépouille de la protection imaginaire face au désir de l'Autre, face à mon désir donc, et m'interroge : " Que veux-tu ? "

L'angoisse est l'appel sublime à ma responsabilité.


La possibilité d'une aube pour une saisie éventuelle d'un bout de Réel.

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